Lettre publique à ma coach
Cette lettre publique est un retour sur l'expérience de coaching de Jacob JEAN-JACQUES par Christilla Segerand


Chère Christilla,
Je suis l'enfant gâté de l'université Paris 8. Son incubateur I-Engage, en plus de mon insertion dans le réseau ME (Mieux Entreprendre), m'a permis de bénéficier de tes compétences dans le cadre de ta formation de master de coaching professionnel, dirigé par Christine Baudot.
Te choisir m'a été une grande épreuve. Au départ, je me disais souvent que j'avais perdu quelque chose d'important en perdant l'accès à l'autre coach. J'avais raison. Car je crois que chaque être humain est un puits précieux et irremplaçable. Je suis persuadé que l'autre coach avait beaucoup à m'apporter. Mais la qualité de ton accompagnement m'a fait oublier cette peine. Je crois même avoir trouvé une définition du travail de coaching grâce à ton approche : accompagner le sujet-coaché à trouver son chemin en lui accordant le droit ou privilège de se perdre.
En effet, c'est ce qui s'est passé avec moi. Je devrais dire entre NOUS. Je me souviens t'avoir dit au départ que j'avais besoin d'apprendre à vendre. Qu'il n'y avait que ça à faire : m'apprendre à vendre. Comme si je ne savais pas déjà vendre. Tu avais compris que mon besoin était plus complexe que ce dont j'avais conscience. Et qu'il fallait que tu m'aides à me creuser. Je me labourais à chaque séance avec ton assistance. J'avais un problème structurel avec l'argent et non la vente en soi. Faut pas en avoir. Faut vite m'en débarrasser quand il s'invite dans ma vie. Et puis, j'étais une machine à problèmes : administratifs, familiaux, engagement professionnel, souci académique…
Il me semble pour toi, et c'est bien, que l'homme est un être trop complexe pour que le travail de coaching soit une démarche enfermée sur une thématique de départ. Nous aurions perdu un temps précieux si nous étions restés sur cette histoire de vente. Pour toi, le thème de la séance doit être défini par le sujet coaché. La phrase suivante était un rituel d'ouverture sacré du début à la fin de notre parcours : « Sur quoi voudrais-tu qu'on travaille aujourd'hui ? »
Tu es favorable à la vision holistique de l'éducation à laquelle j'adhère également. Je ne t'ai jamais dit que tu n'étais pas seule à m'aider à me labourer. Il y a également Olivier Pla, le géant. C'est une autre grande histoire que l'être éclaté que je suis se réserve le droit de raconter plus tard. Il était une fois, en Ile-de-France, la belle Odyssée de ma passion entrepreneuriale et la grande qualité d'un Mentor. Je reviendrai avec la voix d'Homère mêlée à celle d'un poète vagabond devenu Parisien te raconter ce récit. Restons pour l'instant entre NOUS. Encore un peu...
Je me souviens du jour où tu as travaillé avec moi sur l’art de dire « non ». Je lisais sur ton visage une inquiétude que tu souhaitais garder. Tu avais peur pour moi. Et tu avais raison d’avoir peur. Mais tu ne voulais pas nécessairement exprimer ce sentiment qui s’écrivait sur ton front. C’est un voyage humain, le coaching, je pense. Est-ce parce que je me suis rendu compte que tu étais un être sensible que ton aide faisait sens pour moi ? Cette sensibilité que tu as noyée dans les protocoles, le cadrage professionnel, était lisible sur ton visage que je préférais rencontrer plutôt que les codes rationnels. Ton secret, c’est l’harmonisation de la posture objective par un protocole (rituel d’ouverture, plongée réflexive, choix thématique, schématisation, maïeutique socratique, rituel de clôture…).
Je disais vouloir vendre. Vendre. Vendre. Je n’avais pas vraiment voulu ça. Ton approche inventive m’a aidé à me labourer de telle sorte que l’heureux accident de coaching puisse se produire un matin à l'hôtel Le Littré. Tu avais ramené un jeu de photos de chemins, duquel je devais faire un choix. Car entreprendre comme vivre, c’est choisir, n’est-ce pas ? J’ai été attiré par un carrefour de chemins de campagne. Et j’ai vu avec tristesse se séparer mon parcours de chercheur et celui d’entrepreneur. Tu m’as proposé de travailler là-dessus sur une feuille blanche avec des marqueurs de différentes couleurs. C’est encore cela, la magie de la page blanche qui me met à l’esprit La Mouche de Marguerite Duras. Je n’avais pas assisté à la mort de mes chemins. Je pouvais tordre, défigurer la forme du « Y » de la photo me permettant de m’écarter, me dédoubler pour mieux me retrouver avec les deux mains bien remplies.
Je n’oublierai jamais le nom de cet hôtel. Il n’y a rien de plus sentimental que de tracer sa vie sur une feuille blanche A4, dans le petit bar de l'hôtel Le Littré. Je crois que c’est parce que tu es une sacrée coach que tu as réussi ton travail avec un être aussi flou que moi. Ne pouvant pas te rémunérer à la hauteur de ton travail en et avec moi, je t’exprime toute ma gratitude, chère Christilla.
Surtout, fais-toi payer très cher ! Ton accompagnement n’a pas de prix.
Jacob JEAN-JACQUES
Cité Internationale Universitaire de Paris
Résidence Honnorat
Paris, le 01/10/2026
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