RENCONTRES D'ÂMES

Ce texte collectif a été réalisé les 5 et 6 mars 2026 dans le cadre d’un projet thérapeutique mené par l’association NarAction, au sein du CAMPA (Centre d’Accueil Médico-Psychologique pour Adolescents), service des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Parcours coanimé par Jacob Jean-Jacques et Bijou Mackenson. Cadrée en amont par la Dr Julie Rolling, cette intervention, qui a donné lieu à la production d'autres textes et d'autres formes d'expressions des adolescent.es, a bénéficié de l'accompagnement professionnel de Madame Sylvie Carré et de Madame Sandy Courtois, infirmières du service CAMPA. Il est dépourvu de signes de ponctuation exprès et fait une économie de lettres en majuscules, pour inviter les lecteurices à prendre la liberté de leur souffle et à en colorer la lecture expressive selon leur humeur du moment.

ATELIER THÉRAPEUTIQUE

Par : Athéna, Bijou, Camille, Jacob, Joan, Léa, Nazia, Sandy, Sylvie

3/11/20262 min temps de lecture

j'avais 20 ans quand tu as

décidé que tout était fini

toi qui m'enlaces

toi qui me soutiens et me colles à la peau

tu es entré dans ma vie

avec ton arrogance et ta supériorité

tu es entré dans ma vie

avec tes gestes déplacés

c’était hors de moi

cette part de colère qui habille ton être

pourtant j’ai grand besoin de ton absence

de ton silence pour reboiser mon âme

si vaste et si fertile

j’avais 12 ans quand tu as décidé que je comprenne

je croyais que la vie était douceur

je croyais que les jours étaient sans heurts

tu me disais que tu étais malheureux

et qu’il fallait que je sois là pour que tu te sentes mieux

un jour, je suis devenue fragile à tes yeux

Il ne faut pas lâcher

tiens fort petite

me disais-tu

Notre légende personnelle c’est comprendre

Notre légende personnelle c’est pardonner

Notre légende personnelle c’est résister

Notre légende personnelle c’est encore danser et jouer

si tu pouvais plonger dans ma pensée

sans gants et sans chaussettes

tu verrais combien j’aime la vie

tu verrais combien de belles histoires j’ai écrites

et me voici aujourd’hui

j’avais à peine 2 ans dans cette ville

quand tu as décidé que j’étais trop jeune

ce bouton de ma vie était pourtant si doux

je croyais que tu étais honnête

sincère

je croyais que tu étais généreuse

tu me disais que je m’éloignais des autres

et qu’il fallait me distinguer pour mieux régner

aujourd’hui nous avons 227 ans

et nous prenons le volant de notre vie

aujourd’hui j’ai 16 ans et je prends le volant de ma vie

vois-tu Je roule

comme le petit prince

il a fallu y croire croire

je m’autorise à penser

je m’autorise à écrire danser et encore penser

je m’arrête aux feux rouges de la vie

les feux verts arrivent toujours un jour

un jour

et j’enlève la coccinelle sur le frein

et j’accélère

je m’arrête aux feux jaunes aussi

pour contempler la pollution qui traverse en silence l’Avenue de la Liberté

où es-tu aujourd'hui, petit prince

petit prince je ne t’entends pas le vent souffle si fort

hier, on m’a parlé de lien on m’a parlé de musique d’Art c’était un certain monsieur et un certain monsieur une certaine madame et une certaine madame une certaine camarade une certaine camarade un certain camarade c’était un certain moi et un certain moi au volant de ma vie

je conduis

on m’a parlé de musique

on m’a parlé d’art d’écriture j’avance je m’arrête je redémarre j’accélère collision ça fait mal

je m’autorise à demander de l’aide

j’accepte le soin

c’est ça aussi être au volant de sa vie

c’est ça aussi grandir

c’est ça aussi avoir 227 ans